Les grondements de grandes orgues inspirés des textes des grands poètes de la littérature arabe, des fragrances rappelant le jasmin, la terre ou le sang, un lieu sacré nimbé de lumière verte, symbole de l’espoir et de la paix… . Le temps s’arrête comme dans un songe. Des visiteurs déposent tour à tour sur un monument formé d’un seul bloc, un monolithe noir chauffé, l’un des 20 000 clous de cire disposés au sol, avec le voeu d’anéantir la souffrance qui lui était associée. 

Ce n’est pas un songe.  C’est MAWTINI ! 

Mawtini est une installation artistique et collaborative unique autour d’un acte d’apaisement créée par Hratch Arbach, français d’origine arméno-syrienne résidant aujourd’hui à New-York. Elle a été célébrée à l’occasion du festival d’art contemporain «Nuit Blanche» dans l’église Saint-Séverin du quartier latin de la capitale fin 2014. 

Mawtini, c’est un geste: celui de prendre au sol l’un des 20 000 clous de cire, de le conduire jusqu’au monolithe, de l’y déposer et de le voir s’y consumer.

Mawtini, c’est l’unification par le geste, un acte de la foi en l’humanité toute entière de celui qui accomplit ce geste, la paix à portée de chacun.

Mawtini, c’est une expérience pluri-sensorielle humaine et collective.

Mawtini, c’est un pont suspendu entre l’Orient et l’Occident.

Mawtini, c’est l’amour de la Terre et des Hommes qu’elle porte.

Mawtini, c’est la réconciliation, l’ultime appel à la paix, une ode à l’humanité !

Mais Mawtini est encore plus que cela: il interroge le rôle et la manière dont l’art doit s’exercer afin de réveiller sens et conscience. En effet, la force de Hratch Arbach est de souligner que le constat ne suffit pas et d’agir en proposant un art participatif, symbole de notre souhait de changement. Dans une société où chacun s’abandonne facilement à la critique négative en opposant, en catégorisant, en étiquetant, ce dernier a une idée très personnelle de la manière dont l’art doit jouer son rôle d’éclaireur: «Nos sociétés ont besoin de message de paix. La colère ne résout pas la colère. Le mal et la violence n’ont pas de place dans l’art. Nous vivons une crise de confiance : Nous n’avons plus confiance, ni en la politique, ni en l’économie, ni en la religion. C’est le rôle de l’art de donner un peu d’espoir. Aujourd’hui, nous avons besoin d’un art qui donne des solutions». Et, c’est de ce constat qu’est né Mawtini.  

Hratch Arbach, a livré au Globe Lawyer l’anecdote qui permit la naissance de cette oeuvre. En effet, Mawtini signifie terre natale en arabe et est également le nom d’une chanson patriotique. Mawtini devait originellement être une caricature du patriotisme arabe. Hratch Arbach a finalement choisi d’en faire un rituel de paix universel. 

Mawtini est donc l’incarnation de la dimension universelle et humaniste de l’art que nous devons célébrer!

En résonance avec l’actualité, il travaille aujourd’hui sur le concept de martyr dans le Moyen-Orient dans le dessein d’essayer de comprendre l’autre dans une démarche d’ouverture et de dialogue sans jugement. Le Globe Lawyer traversera avec plaisir l’océan sur sa robe volante pour vous en dire plus sur cette oeuvre.

En attendant, je vous laisse à cette méditation: Robert Bolt disait que les artistes sont des menteurs épris de vérité, le Globe Lawyer préfère croire qu’ils sont les étoiles qui nous donnent des ailes. 

Hratch Arbach né à Damas (Syrie) en 1975, s’installe à Paris dès 2000. Il rejoint l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris après un doctorat en biologie moléculaire et se consacre pleinement aux arts. Il conçoit et réalise depuis 2002 plusieurs expositions et installations personnelles autour de ses origines arméniennes et de son rapport à la Syrie qu’il a quittée. 

Mawtini est une installation fait en collaboration avec Francis Kurkdjian pour la création olfactive et Samuel Liégeon pour la création sonore.